150 ans du rattachement de la Savoie à la France

Aime - Eglise Saint Sigismond

Eglise st sigismond / ©David Schmitt

Eglise st sigismond / ©David Schmitt

Primitivement l’église paroissiale d’Aime était construite sur la colline Saint Sigismond.

Au 13ème/14ème siècle elle fut transportée à l’emplacement actuel, elle était alors « orientée »  c’est-à-dire que sa porte d’entrée se situait à l’ouest et que son chevet était à l’est. Elle était alors dédiée à Saint Sigismond, le dernier roi burgonde qui au 5ème apporte un appui décisif aux catholiques du royaume.

Les années passent et l’Église catholique va connaître un certain déclin voire même une certaine décadence. En effet, face à un courant nouveau qui arrive du Genevois avec Luther à sa tête, et qui fait d’ores et déjà de nombreux adeptes, la nécessité d’une réforme profonde et d’une révision de ses institutions se fait de plus en plus ressentir en son sein. C’est dans ce contexte que le Pape Paul III à Rome va réunir le concile de Trente, qui se déroulera en 18 ans, sur 25 sessions, 4 pontificats et 3 villes. Ainsi en 1563, l’Église romaine oppose aux protestants, une révision complète et une réaffirmation solennelle de ses dogmes. Contrairement aux  précédents conciles, Rome veillera à ses applications. C’est pourquoi l’église actuelle, dédiée à la Nativité de la Vierge, fut construite entre 1675 et 1678, et ce, afin de répondre à toutes les décisions du concile de Trente. Elle est construite dans un style baroque cette fois, puisque la Savoie appartenait au royaume Piémont Sardaigne dont la capitale était Turin à partir de 1563, et, qu’à cette époque à Rome, un nouveau courant architectural voyait le jour, l’art Baroque. D’aspect extérieur, l’église est simple et ressemble à une maison de village, hors mis la présence du clocher qui nous rappelle sa fonction. Comme pour toutes les églises de style baroque, le portail est le seul élément d’ornement extérieur. Il tranche avec des façades volontairement dépouillées qui sont des allusions à l’humilité de la vie de Jésus sur Terre et à la mystérieuse richesse de son cœur. Chaque fidèle qui franchira la porte aura la phrase de Jésus en mémoire : « Je suis la porte et celui qui entre sera sauvé ». Ce sont des maçons et des sculpteurs de la vallée de la Sésia, de l’autre côté du Petit Saint Bernard, qui vont assurer la construction de cette « église hall » à trois nefs, les nefs latérales étant de la même hauteur que la nef centrale. Ces dernières étant recouvertes de voûtes d’arêtes qui s’appuient sur des piliers simples mais massifs avec des corniches débordantes.

Dans le chœur, sur l’autel se trouve le tabernacle, qui signifie petite tente en latin et qui est destiné à conserver l’Eucharistie, c’est-à-dire le corps et le sang de Jésus matérialisés par le pain et le vin, que le prêtre va distribuer aux fidèles pendant la communion. Le tabernacle est le joyau de l’église, il marque la présence du Christ parmi nous, donc pour le mettre en valeur on va placer derrière lui « un décor théâtral » le retable, conçu comme une porte monumentale en direction du ciel. Il est un véritable catéchisme en image. Le tableau central, consacré à la Vierge Marie, représente la naissance de Marie en présence de Saint Sigismond et de Saint Sébastien, que l’on priait pour la peste.

Dans les volets latéraux, Saint Pierre et Saint Paul sont à la fois les piliers de l’église et les gardiens de cette porte. Encadrant ces deux statues, des colonnes torses, sur lesquels s’enroulent des pampres et des églantiers, soutiennent une corniche aux lignes brisées. Sur cette corniche, sont disposés quatre Saints bien connus en Tarentaise, Saint Grat, évêque d’Aoste, Saint François de Sales évêque d’Annecy, Saint Jacques d’Assyrie premier évêque de Tarentaise, Saint Roch protecteur de la peste.

Au deuxième registre, un tableau plus petit représente l’Assomption de la Vierge Marie, que tout fidèle est invité à suivre. Au sommet Dieu le Père bénit et tient le globe terrestre.

Cette église a souffert durant le passage de la révolution Française en 1794, et a été en grande partie détruite. C’est pourquoi les autels latéraux  ont été restaurés au 19ème siècle, mais cette fois dans un style néo-classique (date également des peintures des voûtes).

Autels latéraux, côté est, en partant du chœur :

Autel du Rosaire La vierge Marie confie le rosaire à Saint Dominique. Sur le tableau figurent les 15 Mystères : Mystères joyeux (Annonciation, Visitation, Nativité, Présentation au Temple, Recouvrement au temple)  Mystères Douloureux (Agonie, Flagellation, Couronnement d’épines, Portement de la croix, Crucifiement) Mystères Glorieux (Résurrection, Ascension, Pentecôte, Assomption de Marie, Couronnement de Marie). .

Autel Saint Antoine, Saint Alexis, au dessus du Sacré Cœur Le Sacré Cœur manifeste l’Amour, dont Dieu nous aime et qui se donne. « Saint Antoine, si tu veux être parfait, vas, vends tout ce que tu as, donne le aux autres et suis moi. » Pour répondre à cet appel, Antoine s’enfonça dans le désert et mena une vie de solitude, de détachement. C’est là qu’il découvrit le bonheur d’aimer le Seigneur et de n’avoir d’autres richesses que Lui. A droite se tient Saint Alexis, en mendiant avec son attribut un escalier. A gauche, nous découvrons Saint Louis de Gonzague, qui joignait la pratique de la pénitence à une admirable pureté de vie, au prix d’un effort héroïque de la maîtrise de soi par la fidélité au plus Haut Amour. A droite, se trouve Saint Bernard de Menthon, prêtre, qui fonda vers 1081 l’hospice du Grand Saint Bernard, puis l’hospice du Petit Saint Bernard, pour protéger les voyageurs des dangers de la montagne.

Autel Saint Nicolas Saint Nicolas, dont les attributs sont la crosse, trois bourses, une ancre marine, était un évêque de grande foi et de caractère. La prière de Saint Nicolas : « Garde nous Seigneur de tous les périls, pour que le chemin du Salut soit dégagé devant nous ». A côté, nous reconnaissons, Sainte Anne, mère de Marie, Marie, l’enfant Jésus et Saint Jean Baptiste. Deux statues encadrent ce retable, à gauche, celle de Saint Guérin, protecteur des troupeaux, qui étaient à l’époque la seule richesse du peuple, leur seul moyen de subsister, à droite, celle de Saint Antoine.

Autels latéraux, côté ouest, en partant du fond de l’église :

Autel Saint Crépin Ce tableau a été peint par un artiste d’Aime. Le thème est la présentation de la tête de Saint Jean Baptiste par l’évêque Saint Grat. Deux statues encadrent ce retable, d’un côté Saint Jean avec le calice d’où s’élève le serpent d’airain, figure du fils de l’homme élevé au dessus de tout, afin que tout homme croie en Lui et obtienne la vie éternelle, de l’autre côté, Saint Agnès, vierge romaine, symbole de la Pureté et de la Vertu que nul homme n’a pu vaincre.

Autel Saint François de Sales Sur le tableau sont présents Saint Jacques le Majeur, Saint Laurent diacre courageux, intendant de l’église. Une inscription sur la tombe nous dit : « Les coups, les bourreaux, les flammes, les tourments, les chaînes, seule la foi de Laurent a pu les vaincre ». Au milieu Saint François de Sales, évêque d’Annecy, apôtre et pasteur, traite la Théologie avec les protestants. Il est attentif à faire découvrir aux autres les secrets de l’Amour de Dieu, puisant sa paix et son équilibre dans la docilité à l’esprit. De côté, une statue de Sainte Agathe, tenant ses seins sur un plateau, est invoquée contre les incendies et est très redoutée depuis que ses reliques ont arrêté la lave de l’Etna vers 254 après Jésus Christ. Au dessous, se trouve un tableau de la mise au tombeau de Jésus.

Autel de Saint Nom de Jésus Sur la porte du tabernacle, Jésus aux liens, abandonné de tous, « Le Salut de Dieu », dans une absolue confiance, remet sa vie dans les mains du Père. Et c’est à cette même confiance en Dieu, parfois si absent, que nous sommes conviés, même et surtout, aux heures les plus dures. La force et la lumière de Dieu nous renouvellent et nous incitent à continuer.

Un tableau traite de cet Amour de Dieu révélé, son dessein de miséricorde. Son cœur ouvert sur la croix est l’expression du plus grand Amour et de la fécondité de son sacrifice, il est Le Sauveur de l’église. Découvrons également une statue de Sainte Philomène avec la vierge et son enfant. Conformément à la loi, Jésus est présenté au temple par Marie et Joseph. Poussé par l’Esprit Saint, Syméon le désigne comme la gloire du peuple et la lumière des nations.

Yvette Jacquier
Photos ©David Schmitt et archives

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