Sur la route du soleil levant - Ukraine-Russie : des hauts des bas
4129 kilomètres, 180 heures de route, 23 km/h de moyenne, des steppes et des Bouddhas…, je suis à Elista (Kalmoukie) en Russie, 600 km avant le passage en Asie (carte : ici).
Depuis mon dernier carnet de voyage, à Odessa, le périple a connu des hauts et des bas, à commencer par une chute assez violente sur les dangereuses routes ukrainiennes. Renversé par un camion j’étais bon pour une belle frayeur et de belles contusions (Voir article ”Retour sur le bitume“). Heureusement le vélo n’a pas été touché. Le plus dur a en fait été de se remettre de cette chute. J’ai mis plusieurs jours à retrouver le rythme et du coup je peux dire que tout cela m’a un peu gâché ma route ukrainienne. Une route par ailleurs pas vraiment passionnante à travers d’immense champs de blé et de tournesol, avec relativement peu de villes intéressantes.
En bref, en rejoignant le nord de la mer d’Azov j’étais assez content de passer en Russie, surtout que de nouveau le passage de la frontière a été un jeu d’enfant avec mon velo solaire. Côté russe, beaucoup de champs aussi, mais directement de belles rencontres. Un accueil à la Russe, avec de la vodka, des gens qui me demandent des autographes ou qui me donnent de l’argent et qui m’invitent à dormir chez eux. Ah oui, cette arrivée en Russie m’a fait du bien !
Le vélo en a lui aussi profité car à Rostov, la communauté des cyclistes de la ville était au courant de mon arrivée (les bienfaits d internet) et m’accueillait les bras ouvert. Une superbe occasion pour moi de faire quelques réparations après un mois de voyage. Roue arrière, chaîne, cassette, un coup de neuf qui était le bien venu et qui a été une démonstration de générosité, car tout m’a été offert ! (voir article “arrêt aux stand à Rostov“).
Après Rostov, retour dans la campagne russe, avec une chaleur de plus en plus forte, pour devenir quasi insupportable ces jours derniers. 40° à l’ombre, 43° sur le guidon, 30° la nuit, ca a été chaud, très chaud, avant même l’arrivée dans les steppes.
Ca a été chaud aussi dans un autre cadre, pour un des plus mauvais moment du périple. Tombé dans le mauvais endroit au mauvais moment, à Ipatovo, j’ai pu vivre la bêtise d’une police russe alcoolisée. Séquestré quelques minutes dans un restaurant, intimidé puis suivi jusqu’à mon hôtel, j’étais au final bien content de m’en tirer sans plus de problème. Une expérience décevante, dont je me serai bien passé, mais qu’il faut prendre avec philosophie. Les russes sont les gens les plus gentil du monde, mais la police russe est clairement à éviter ! (voir article “l’autre visage de la Russie).
Pour me remonter le moral, la Kalmoukie m’attendait dès le lendemain. Au kilomètre 4000 de mon périple, je retrouvais les steppes, le bouddhisme de cette région autonome de Russie, et puis surtout je retrouvais la route que j’avais empruntée en 2006 lors de mon premier voyage à vélo. Une drôle d’impression que de retourner sur ces terres et puis une grande joie de pouvoir retrouver des gens rencontrés il y a 4 ans !
En arrivant à Elista j’avais le souvenir de la maison d’une famille chez qui j’avais passé quelques jours. J avais precieusement garde l adresse sur un petit bout de papier.Tout en me demandant s’ils allaient se rappeler de moi, je suis donc allé frapper à la porte. Un petit temps d’hésitation puis ils ont vite compris ce qu’il se passait : flo, le francais, etait de retour sur un velo un peu particulier ! Un grand moment du périple.
Comme à la maison, je resterai quelques jours à Elista avant de me lancer dans ce qui constitue un des plus grands défis de ma vie : la traversée des steppes Kazakhes. Devant moi 600 km de steppes sur des routes asphaltées jusqu’à la frontière avec l’Asie, puis 500 à 600 km de steppes sur des routes en terre, au milieu de nul part. Sur ces terres le moindre problème pourra se transformer en véritable naufrage, j’en suis conscient. A moi de faire au mieux, d’avoir un peu de chance et d’être autonome en énergie.
Je rentre dans le cœur du périple.
Je vous donne rendez-vous de l’autre côté des steppes, par delà la mer d’Aral, en Asies, pour vous dire comment ca a bien pu se passer.
A bientot
Florian
Tags associés : carnet de voyage | Florian Bailly | sur la route du soleil levant | Vélo électrique
